Analyse de la valeur et business case : une méthode.

Dans un précédent blog (http://www.smalsresearch.be/?p=4046), j’ai évoqué l’intérêt pour la démarche analyse de la valeur qui, de mon avis, se doit d’être utilisée avant de décider de tout investissement sur un projet d’envergure. C’est aussi vrai pour les projets IT de grande ampleur relatifs à l’e-Gouvernement.

La notion d’analyse de la valeur est indissociable de la notion de business case.
La question immédiate derrière cette prise de position est évidemment “Existe-t-il une méthode structurée pour cette démarche?”.  Ou encore “Une méthode publique est-elle disponible?”.
La réponse est oui. Elle s’appelle Mareva.

Mareva est une méthode mise au point en France par le pouvoir public, avec l’aide du cabinet BearingPoint.

Il s’agit en fait d’une méthode dite d’analyse et de remontée de la valeur (Méthode d’Analyse et de REmontée de la VAleur).

Conçue en 2005, Mareva est destinée à évaluer les projets informatiques du secteur public, en intégrant les problématiques liées à la nécessité du projet, à ses bénéfices pour les agents et les citoyens, à la maîtrise de ses risques et à sa justification économique (retour sur investissement et gains de productivité).

Mareva couvre ainsi 5 axes complémentaires nommés comme suit : nécessité, rentabilité, maîtrise du risque, impacts internes (orientation agents de l’état), impacts externes (orientation citoyens).

L’axe nécessité concerne, par exemple, la nécessité en tant qu’appui à d’autres projets, l’accroissement de l’efficience de l’État, une obligation législative (nouvelle loi ou nouveau règlement), une obligation technologique (découlant par exemple d’une obsolescence technologique – nous avons abordé dans un autre blog le cas du remplacement du mainframe), …

L’axe rentabilité (ROI) s’intéresse, par exemple, au délai de récupération du capital investi, à la valeur actualisée nette (VAN), au taux de rendement interne (TRI), aux coûts totaux du projet, aux gains annuels récurrents, aux dépenses évitées, …

Dans l’axe rentabilité, les gains peuvent concerner la productivité (ils sont valorisés en ETP), l’efficacité (par exemple la réduction des erreurs), les économies (par exemple liées aux manipulations de dossiers évitées par la dématérialisation), la trésorerie (paiements accélérés, réduction des indus, …), l’augmentation des recettes, …

L’axe maîtrise du risque porte sur les risques de gestion du projet (disponibilité, compétences, communication entre les acteurs, déploiement, …), les risques techniques et juridiques, …

Dans le cadre de la gestion de portefeuille de projets, la méthode est utile pour comparer des projets entre eux, en particulier par la superposition de diagrammes radars, méthode de comparaison rapide et très explicite. Une illustration est donnée en bas de ce blog.

Les apports de Mareva pour les décideurs sont les suivants :
– cadre pour l’analyse d’un projet (ex-ante, en cours, ex-post) ;
– aide à la décision quant à investir ou non dans un projet IT (à l’aide des 5 axes, synthétisés et agrégés dans une vue radar) ;
– pour faciliter l’engagement des dirigeants quant aux objectifs à atteindre et aux bénéfices à livrer d’un projet IT;
– pour obtenir une synthèse d’autres analyses sectorielles plus poussées réalisées antérieurement ;
– pour faciliter le travail en équipe lors de la phase de définition d’un projet (scope et objectifs) ;
– comme déjà mentionné, pour comparer des projets entre eux selon une approche par gestion de portefeuille ;
– pour rendre des comptes auprès des vérificateurs (la Cour des Comptes par exemple) ;
– pour faire état des résultats auprès des pouvoirs décisionnels et sponsors.

Ce blog a été construit sur base d’informations trouvées sur le Web sur la méthode Mareva.

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